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Structure

Le vocabulaire d'un devis d'enduit, terme par terme

Un devis d'enduit contient une quinzaine de mots que personne n'explique et qui engagent pourtant des opérations très différentes. Ce glossaire les définit dans l'ordre où ils apparaissent sur un chantier, du diagnostic du support jusqu'à l'entretien.

Diagnostic et préparation du support

Sonder / sonner creux. Frapper la façade au maillet en quadrillage pour repérer les zones décollées. Un son plein indique une couche solidaire du support ; un son creux indique un décollement local. Le relevé se cartographie : c'est l'étendue et la répartition qui décident, pas la simple présence.

Support farineux. Surface dont le liant a perdu sa cohésion : la main revient poudreuse. Le support farineux figure parmi les causes recensées de décollement d'un revêtement neuf, avec la préparation insuffisante, les poussières, le manque d'humidification et le support trop lisse ou trop poreux.

Décroûtage. Dépose de l'ancien revêtement jusqu'à la maçonnerie. Sur un mur ancien en moellons, la séquence décrite pour un enduit à la chaux prévoit un décroûtage complet, suivi de la reprise des joints.

Repiquage. Création mécanique d'une rugosité sur un support trop lisse pour lui rendre de la prise.

Rejointoiement. Reprise des joints d'une maçonnerie : élimination des mortiers désagrégés et garnissage. Sur mur ancien, le joint doit rester moins dur que la pierre, faute de quoi les contraintes se reportent sur celle-ci.

Calcin. Pellicule naturelle de surface, dure et protectrice, qui se forme sur la pierre. Les documents de conseil du département précisent qu'une fois altéré, il ne se reforme plus — ce qui commande la prudence dans le choix d'une technique de nettoyage.

« Une fois altéré, celui-ci ne se reforme plus » — à propos du calcin, pellicule naturelle de surface de la pierre. Les techniques abrasives « comme le sablage à sec, le lavage à haute pression ou le brossage au chemin de fer sont à écarter ». Fiche-conseil 03 « Les façades en pierre de taille ».

Source : https://www.culture.gouv.fr/Media/Regions/Drac-Paca/Files/Aides-demarches/Demarches-et-conseils-architecture-patrimoine/Fiches-conseil/udap-des-bouches-du-rhone/les-facades-en-pierre-de-taille

Les couches et les matières

Gobetis. Couche d'accroche, granuleuse et plus liquide que les autres, projetée sans être lissée. Sa rugosité est sa fonction.

Corps d'enduit. Couche plus épaisse, qui aplanit le support. C'est elle, et elle seule, qui donne la planéité du mur fini.

Finition. Couche très fine et plus lisse, qui donne sa teinte et son aspect final à l'enduit, avec incorporation possible de pigments et des effets différents selon l'outil employé.

Liant. Ce qui fait prise dans un mortier. Les documents de conseil du département rappellent que la chaux résulte de la cuisson d'un calcaire entre 800 et 1000 °C et que, selon la nature du calcaire cuit, on obtient des chaux calciques — CL70, CL80, CL90 — ou des chaux hydrauliques — NHL 2, NHL 3, NHL 5, selon la teneur en argile — voire des ciments naturels prompts.

Granulat, granulométrie. Le sable et sa taille de grain. La teinte d'un enduit traditionnel dépend en partie du sable : les documents de conseil rappellent que, traditionnellement, la teinte résultait de la couleur du sable local et des agrégats, le plus souvent une teinte beige-ocre ou beige-brun.

Laitance. Pellicule fine de liant qui remonte en surface lors du serrage. La taloche la répartit ; le grattoir l'enlève.

Multicouche, monocouche. Deux systèmes distincts, l'un appliqué en trois couches de fonctions différentes, l'autre en une passe avec ses propres épaisseurs et ses propres supports admis.

« La chaux est le résultat de la cuisson d'un calcaire à une température entre 800 °C et 1000 °C. Selon la nature du calcaire cuit, on obtiendra des chaux calciques (CL70, CL80, CL90), ou des chaux hydrauliques (NHL2, NHL3, NHL5, selon la teneur en argile), voire des ciments prompts naturels. » Fiche-conseil 01 « Les façades enduites ».

Source : https://www.culture.gouv.fr/Media/Regions/Drac-Paca/Files/Aides-demarches/Demarches-et-conseils-architecture-patrimoine/Fiches-conseil/udap-des-bouches-du-rhone/les-facades-enduites

Les gestes de finition

Dresser. Régler la couche à la règle pour obtenir la planéité.

Serrer. Compacter la couche à la taloche, ce qui fait remonter la laitance.

Taloché. Surfaçage de l'enduit frais à la taloche, qui referme la surface. Donne un aspect plus fermé que le gratté et une réflexion lumineuse uniforme.

Frotassé. Variante du taloché obtenue à la taloche souple, généralement en polystyrène, dont la flexibilité laisse apparaître un grain plus marqué.

Gratté. Grattage au grattoir lorsque l'enduit commence à durcir, après dressage et serrage. Met en valeur les sables par déchaussement des grains.

Déchaussement. Mise à nu des grains de sable par retrait de la laitance de surface.

Rustique, rustique écrasé. Projection conservant une texture granuleuse prononcée ; l'écrasé y ajoute un passage à la taloche ou à la lisseuse après début de prise, qui atténue les pointes de grain — le relief demeure visible mais devient plus doux et plus homogène.

Ribbé. Finition dont la texture est faite de sillons creusés par les granulats les plus gros roulant sous la taloche. Seule texture directionnelle des finitions courantes.

Tyrolien. Finition projetée non retravaillée, dont la texture dépend de la pression d'air, de l'angle de projection et de la distance de la buse au mur.

Descriptions de geste et de grain issues de la documentation technique d'un fabricant de mortiers de façade et du référentiel NF DTU 26.1, qui définit les finitions par type et précise le rôle de la pression d'air, de l'angle et de la distance de buse pour les finitions projetées.

Source : https://www.parexlanko.com/info/bon-conseils/details/620bb8e546c2b154316f66d0

Teintes, patines et désordres

Lait de chaux. Mélange d'eau, de chaux et de pigments. Selon le dosage, la transparence et l'effet colorant varient du plus couvrant au plus transparent : le chaulage, le badigeon, l'eau-forte et la patine. Règle de choix donnée par les fiches-conseil du département : un badigeon pour un effet masquant et des couleurs peu saturées, une eau-forte pour un aspect aquarellé et des couleurs vives.

Faïençage. Microfissuration en forme de résille qui affecte la surface du revêtement. Les finitions talochées et talochées-éponge y sont particulièrement sensibles.

Nuançage. Variations de couleur ou d'aspect de l'enduit sur une même façade.

Spectres. Réapparition du tracé des joints en surface, par différentiel de prise entre les joints et la surface courante du support.

Cloquage, décollement. Soulèvement puis perte d'adhérence du revêtement. Causes recensées : préparation insuffisante, poussières, manque d'humidification, support trop lisse ou trop poreux, support saturé d'eau, absence de couche d'accrochage.

Efflorescence, salpêtre. Dépôts blanchâtres formés par des sels migrant avec l'eau. Sur un mur ancien, la consigne est de traiter d'abord les remontées d'humidité par capillarité, puis de retirer les dépôts, par exemple au moyen de compresses d'argile et de cellulose.

Perspirance. Capacité d'un mur à laisser passer la vapeur d'eau. Un enduit à la chaux laisse respirer les maçonneries, ce qui n'est pas le cas d'un enduit à base de ciment, étanche et rigide.

« Les laits de chaux sont des mélanges composés d'eau, de chaux et de pigments. Selon le dosage de ceux-ci, la transparence et l'effet colorant varient du plus couvrant au plus transparent : le chaulage, le badigeon, l'eau forte et la patine. » Fiche-conseil 02 « Les finitions d'enduit ».

Source : https://www.culture.gouv.fr/Media/Regions/Drac-Paca/Files/Aides-demarches/Demarches-et-conseils-architecture-patrimoine/Fiches-conseil/udap-des-bouches-du-rhone/les-finitions-d-enduit

Questions fréquentes

Quelle différence entre un badigeon et une eau-forte ?

<p>Ce sont deux dosages d'un même lait de chaux. Du plus couvrant au plus transparent, on trouve le chaulage, le badigeon, l'eau-forte et la patine. La règle de choix donnée par les documents de conseil du département est simple : un badigeon pour un effet masquant et des couleurs peu saturées, une eau-forte pour un aspect aquarellé et des couleurs vives.</p>

CL90, NHL 3,5 : que signifient ces sigles sur un devis ?

<p>Ils désignent la nature du liant. Selon la nature du calcaire cuit, on obtient des chaux calciques — CL70, CL80, CL90 — ou des chaux hydrauliques — NHL 2, NHL 3, NHL 5 — dont l'indice dépend de la teneur en argile. Le choix du liant se fait en fonction du support et de son exposition, avant tout choix de finition.</p>

Un enduit qui faïence est-il fissuré ?

<p>Non, pas au sens structurel. Le faïençage est une microfissuration en résille limitée à la surface du revêtement, sans tracé directionnel. Une fissure isolée, franche et orientée relève d'un autre diagnostic. Les désordres du revêtement sont traités sur une page dédiée ; ce qui concerne la structure sort du champ de ce site.</p>

Qu'appelle-t-on des spectres sur une façade ?

<p>La réapparition du tracé des joints de la maçonnerie en surface de l'enduit, par différentiel de prise entre les joints et la surface courante du support. C'est un défaut d'aspect, non un défaut de tenue. Il se rencontre surtout sur enduit mince appliqué sur un support dont les joints n'ont pas la même absorption que les éléments.</p>

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