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Structure

Les cinq finitions d'enduit comparées

Les cinq finitions courantes ne se distinguent pas par leur produit mais par le geste qui les termine et par le moment où ce geste intervient. Cette page les met côte à côte sur les seuls critères qui décident vraiment : ce qu'on voit à la lumière, ce qui se salit, et ce qui s'entretient.

Le tableau de comparaison

Taloché — Outil : taloche plastique, bois, éponge ou polystyrène. Moment : sur mortier frais. Grain : fermé, surface refermée par remontée de laitance. Lumière : réflexion uniforme, la teinte se lit à plat et paraît plus claire. Salissure : la plus faible des cinq. Entretien : lavage doux ; accepte un lait de chaux si le support est resté poreux. Vigilance : sensibilité au faïençage.

Gratté — Outil : grattoir, lame dentée, règle à clous. Moment : quand l'enduit commence à durcir, après dressage et serrage. Grain : ouvert, sables déchaussés, fin de 0 à 1,5 mm ou moyen de 1,5 à 3 mm. Lumière : micro-ombres, teinte perçue plus soutenue. Salissure : plus élevée que le taloché, mais homogène et sans coulures. Entretien : lavage doux. Vigilance : fenêtre de grattage très courte.

Écrasé — Outil : projection mécanique, puis taloche plastique ou lisseuse. Moment : second passage après début de prise. Grain : relief conservé mais adouci. Lumière : ombres marquées qui varient au fil de la journée. Salissure : élevée, avec rétention d'humidité dans les creux. Entretien : lavage doux, ne supporte pas la haute pression. Vigilance : réserve explicite en centre ancien.

Ribbé — Outil : taloche, sur mortier à granulats roulants. Moment : sur mortier frais. Grain : sillons orientés, seule texture directionnelle des cinq. Lumière : lignes d'ombre orientées. Salissure : différentielle, selon le sens des sillons et l'exposition. Entretien : lavage dans le sens des sillons. Vigilance : l'orientation se décide avant, jamais après.

Tyrolien — Outil : tyrolienne à manivelle ou machine à projeter. Moment : projection non retravaillée. Grain : gouttelettes en relief, réglées par la pression, l'angle et la distance de buse. Lumière : relief prononcé, très sensible au rasant. Salissure : la plus élevée, surface développée maximale. Entretien : lavage doux. Vigilance : ne se raccorde pas.

Sources des descriptions de geste et de grain : documentation technique d'un fabricant de mortiers de façade pour le taloché, le gratté, la finition rustique et la rustique écrasée ; référentiel NF DTU 26.1 pour les aspects de finition et pour le rôle de la pression d'air, de l'angle et de la distance de buse dans les finitions projetées.

Source : https://www.parexlanko.com/info/bon-conseils/details/620bb8e546c2b154316f66d0

Trois questions qui éliminent trois finitions sur cinq

Question 1 : votre façade sèche-t-elle vite après une pluie ? Si la réponse est non — orientation au nord, mur ombragé par un bâtiment ou de la végétation, partie basse humide — les finitions à relief se disqualifient d'elles-mêmes. Plus la surface développée est grande, plus elle retient d'eau, et plus les dépôts s'y installent. Restent le taloché et le gratté fin.

Question 2 : le support est-il plan ? Une finition fermée ne masque rien : un mur bosselé sous un taloché reste un mur bosselé, et le rasant du soir le dénonce. Si le support présente des irrégularités géométriques qu'on ne veut pas reprendre, le relief devient un allié — écrasé, ribbé, tyrolien. À condition que l'irrégularité soit géométrique et non pathologique : aucun relief ne rattrape un défaut d'adhérence.

Question 3 : allez-vous reprendre une partie ou la totalité de la façade ? C'est la question la plus discriminante et la moins posée. Le tyrolien ne se raccorde pas — la densité de projection ne se reproduit pas. Le ribbé se raccorde mal — il faut retrouver granulométrie, orientation et profondeur des sillons. Le gratté se raccorde difficilement — la fenêtre de grattage n'aura pas été la même. Le taloché et l'écrasé tolèrent un peu mieux une reprise bornée par une ligne d'architecture.

Ces trois questions se répondent sur place, en dix minutes, sans documentation. Elles suffisent en général à réduire le choix à deux finitions, entre lesquelles l'échantillon tranche.

Le raisonnement en trois temps : (1) exposition et vitesse de séchage — élimine ou autorise le relief ; (2) planéité et état d'adhérence du support — dit si le relief est utile ou s'il masque un problème ; (3) étendue de l'intervention — dit si la finition retenue devra se raccorder, ce que certaines ne savent pas faire.

Source : https://qualiteconstruction.com/ressource/fiches-pathologie-batiment/desordres-enduits-monocouches/

La position des documents de conseil du département

Sur ce sujet précis, il existe une position publique locale, et elle n'est pas neutre. Pour des réparations ou des réfections d'enduit en centre ancien, les fiches-conseil publiées pour le département recommandent de privilégier le plus souvent les finitions talochées ou frotassées fins. Deux motifs sont donnés : lisses, elles rendent la surface moins salissante, et elles sont plus propices à l'application d'un lait de chaux en finition.

La même source formule une réserve symétrique sur les finitions obtenues par procédé mécanisé : les finitions de type écrasées ont tendance à mal vieillir, parce qu'elles retiennent facilement les salissures et l'humidité. C'est ce que traduit la colonne « salissure » du tableau ci-dessus.

Il faut lire cette position pour ce qu'elle est : un conseil d'architecture, applicable au centre ancien, et non une règle opposable. Le document opposable reste celui de l'urbanisme applicable à votre commune, qui peut lui-même encadrer l'aspect extérieur des constructions et donc les finitions admises. Cette vérification se fait en mairie, et elle précède le choix.

Un dernier repère, utile pour ne pas confondre traditionnel et courant : aucune des cinq finitions comparées ici n'est, à proprement parler, la finition ancestrale du bâti provençal. L'outil qui donne son nom à la plus répandue d'entre elles est bien plus récent qu'on ne le croit — c'est raconté, avec sa source, sur la page consacrée à l'enduit taloché. Le tableau de cette page compare des résultats, pas des anciennetés.

« En centre ancien, pour des réparations ou des réfections d'enduit, privilégiez le plus souvent les finitions talochées ou frotassées fins. […] À l'inverse, les finitions de type écrasées, issues de procédés mécanisés, ont tendance à mal vieillir en retenant facilement les salissures et l'humidité. » Fiche-conseil 02 « Les finitions d'enduit ».

Source : https://www.culture.gouv.fr/Media/Regions/Drac-Paca/Files/Aides-demarches/Demarches-et-conseils-architecture-patrimoine/Fiches-conseil/udap-des-bouches-du-rhone/les-finitions-d-enduit

Juger un échantillon : la méthode

Aucun nuancier papier ne rend une finition. Le relief, l'ombre portée par chaque grain et le comportement de la surface à la lumière ne se transposent pas sur un carton. La recommandation des fiches-conseil est constante : faire réaliser des échantillons d'enduits pour valider la finition et la couleur.

Quatre conditions rendent un échantillon utile. Il doit être réalisé sur le mur concerné, et non sur une façade d'essai ou une planche : l'absorption du support modifie le rendu. Il doit être assez grand pour qu'on juge une surface et non une tache. Il doit être vu à la distance réelle depuis laquelle la façade sera regardée, car le relief disparaît au-delà de quelques mètres. Et il doit être vu au moins deux fois dans la journée, dont une en lumière rasante.

Sur ce dernier point, retenez seulement l'interaction, qui appartient à cette page : un grain ouvert assombrit la teinte perçue, un grain fermé l'éclaircit. Autrement dit, la finition déplace la couleur avant même qu'on ait choisi le pigment — raison pour laquelle les deux décisions se prennent ensemble. Les règles de choix de teinte selon l'exposition sont traitées sur la page consacrée aux carnets de couleurs du département.

Un dernier point, propre au jugement d'une finition et non d'une couleur : regardez l'échantillon en lumière rasante, en fin de journée. C'est là que le relief se lit, et c'est le seul moment où un ribbé se distingue clairement d'un gratté fin. Le choix de teinte proprement dit, et les références chromatiques élaborées avec les communes du département, sont traités sur une page dédiée.

Un échantillon utile : réalisé sur le mur concerné, pas sur une planche ; assez grand pour juger une surface ; regardé à la distance réelle depuis la rue ; regardé au moins deux fois dans la journée, dont une en lumière rasante ; comparé à la façade mitoyenne pour éviter la répétition d'une même référence.

Source : https://www.caue13.fr/fiches-conseils

Questions fréquentes

Quelle finition se salit le moins ?

<p>Le taloché fin, parce que sa surface fermée offre le moins de prise aux dépôts. Viennent ensuite le gratté fin, puis le ribbé, l'écrasé et enfin le tyrolien, dont la surface développée est la plus grande. Cette hiérarchie n'est pas une hiérarchie de qualité : elle se combine avec l'exposition du mur et sa vitesse de séchage, qui pèsent au moins autant.</p>

Quelle finition supporte le mieux une reprise partielle ?

<p>Aucune ne la supporte parfaitement, mais l'ordre est net. Le tyrolien ne se raccorde pas, car la densité de projection ne se reproduit pas. Le ribbé impose de retrouver granulométrie, orientation et profondeur des sillons. Le gratté dépend d'une fenêtre de temps qui ne sera pas la même. Le taloché et l'écrasé tolèrent mieux une reprise bornée par un angle, un bandeau ou une descente.</p>

Peut-on changer de finition sans refaire tout l'enduit ?

<p>Cela dépend de la couche concernée. La finition est une couche mince distincte du corps d'enduit ; la remplacer suppose que le support et le corps d'enduit soient sains, cohésifs et adhérents. Le sondage au maillet et le test de la main sur une zone sèche donnent une première réponse. Si des zones sonnent creux, la question n'est plus celle de la finition.</p>

La finition change-t-elle la teinte finale ?

<p>Nettement. À produit et à teinte identiques, un grain ouvert assombrit la couleur perçue, parce que chaque grain déchaussé porte sa micro-ombre, tandis qu'une surface fermée renvoie la lumière uniformément et paraît plus claire. C'est pourquoi un échantillon doit être jugé sur le mur, dans la finition retenue, et non sur un nuancier papier.</p>

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