Enduiseur 13Enduits de façade · 13 et alentoursDevis gratuit

Matière

L'enduit à la chaux, du choix du liant à la finition

La chaux n'est pas un matériau, c'est une famille de liants dont les membres ne se comportent pas de la même façon. Choisir entre une chaux aérienne et une chaux hydraulique naturelle, puis entre NHL 2 et NHL 5, décide de la souplesse de l'enduit, de sa vitesse de prise et de sa compatibilité avec la pierre du mur.

Deux familles, cinq désignations, une seule à lire sur le sac

La norme européenne des chaux de construction range les produits en deux familles. D'un côté les chaux aériennes : la chaux calcique (CL), constituée principalement d'oxyde et d'hydroxyde de calcium sans aucune addition hydraulique ou pouzzolanique, et la chaux dolomitique (DL), son équivalent magnésien. Elles durcissent lentement en se combinant au dioxyde de carbone présent dans l'air — la carbonatation.

De l'autre côté, les chaux à propriétés hydrauliques, qui font d'abord prise à l'eau puis durcissent lentement par carbonatation. Elles se subdivisent en trois catégories qui n'ont pas du tout la même transparence :

  • NHL — chaux hydraulique naturelle, en trois classes (2 ; 3,5 ; 5). Le chiffre indique une résistance en compression, pas une qualité, et l'hydraulicité y vient de la seule chimie du calcaire cuit : rien n'est ajouté.
  • HL — chaux hydraulique, même échelle de classes. Un liant composite, qui peut incorporer d'autres constituants sans que leur nature ait à être portée sur l'emballage.
  • FL — chaux formulée, même échelle, avec un suffixe A, B ou C. Sa composition, elle, doit être déclarée.

Conséquence pratique pour un chantier de bâti ancien : « chaux » sur un devis ne veut rien dire tant que la désignation normalisée n'est pas écrite. Une NHL 2 et une HL 5 sont deux produits sans rapport de comportement.

Une note de vocabulaire, parce qu'elle sème encore la confusion : des documents de référence, y compris des fiches de conseil locales, écrivent parfois NHL 3. La désignation normalisée est NHL 3,5. Si un devis mentionne NHL 3, il s'agit d'une graphie ancienne, pas d'un quatrième produit.

Classification des chaux de construction selon NF EN 459-1 : chaux aériennes CL et DL ; chaux à propriétés hydrauliques NHL 2 / 3,5 / 5, HL 2 / 3,5 / 5 et FL 2 / 3,5 / 5 (A, B ou C). Le fabricant de HL n'a pas l'obligation de déclarer la composition ; le fabricant de FL l'a.

Source : https://www.capeb.fr/www/capeb/media/guide2012-capeb-bd-bat.pdf

Quelle chaux sur quel mur ancien

Les tableaux professionnels de choix du liant en fonction du support sont beaucoup plus précis que les conseils généraux qu'on lit habituellement. Pour les murs les plus courants des centres anciens et des mas du département, ils donnent :

  • Pierre maçonnée à la chaux — conseillé : NHL 2 et 3,5, ou chaux aérienne. Acceptable : HL 2 et 3,5, ou FL 2 et 3,5. À éviter : ciment et ciment à maçonner.
  • Pierre maçonnée à la terre — conseillé : NHL 2 et 3,5, ou chaux aérienne. Acceptable : HL 2 ou FL 2. À éviter : ciment et ciment à maçonner.
  • Pierre maçonnée au ciment naturel (maçonneries du dix-neuvième siècle) — conseillé : NHL 2, 3,5 et 5. À éviter : chaux aérienne seule.
  • Brique de terre cuite pleine — conseillé : NHL. Acceptable : HL ou FL. À éviter : ciment et ciment à maçonner.

Le cas du soubassement est traité à part, et il concerne directement le calcaire tendre qui domine le bâti local : pour une pierre tendre, le tableau conseille NHL 2 et 3,5 ou une chaux bâtardée mêlant aérienne et hydraulique, tolère la NHL 5, et range dans la colonne « à éviter » aussi bien les ciments que la chaux aérienne employée seule. Règle transversale : si le mortier de hourdage d'origine est friable ou peu résistant, on descend en hydraulicité, vers les NHL 2 et 3,5.

La raison physique de ces tableaux tient en une phrase des fiches de conseil départementales : « L'enduit à la chaux est suffisamment souple pour accompagner les mouvements du bâti sans créer de fissures et il laisse passer la vapeur d'eau tout en protégeant de la pluie. » Un mortier plus dur que la pierre qu'il recouvre reporte les contraintes sur la pierre — et sur un calcaire tendre, c'est la pierre qui cède.

Les dosages, en volumes, et la règle de dégressivité

Un enduit à la chaux sur bâti ancien se compose sur le chantier, en volumes, et non par pesée de sac. Pour une pierre maçonnée à la chaux, les dosages publiés sont les suivants :

  • Renformis (rattrapage des creux) : 1 volume de NHL 2 ou 3,5 pour 3 volumes de sable 0/4.
  • Corps d'enduit : 1 volume de NHL 2 ou 3,5 pour 3 volumes de sable 0/4.
  • Finition : 1 volume de NHL 2, ou de chaux calcique ou dolomitique, pour 4 volumes de sable 0/4, 0/2, ou d'un mélange des deux.

Sur une pierre maçonnée à la terre, le renformis appelle en plus un volume de mignonette 4/10 et le corps d'enduit passe à 4 volumes de sable. Sur une pierre maçonnée au ciment naturel, le premier lit monte en hydraulicité, avec une NHL 3,5 ou 5.

Deux règles encadrent ces chiffres. La première est la dégressivité du dosage en liant de la première à la dernière couche : chaque couche est moins riche que celle qu'elle recouvre. La seconde porte sur la granulométrie : il est d'usage de ne pas dépasser trois fois le gros grain de sable par couche, ce qui interdit mécaniquement d'épaissir une finition fine, et de faire un gobetis avec autre chose qu'un sable 0/4.

Les délais, enfin, sont les vrais arbitres du chantier. Le corps d'enduit ne se réalise pas moins de 48 h après le gobetis — et par temps frais et humide, ce délai passe à sept jours ou plus dans le cas d'un enduit à la chaux. La finition intervient entre quatre et sept jours après le corps d'enduit. Avant chaque couche, le support est mouillé plus ou moins fortement selon sa nature, puis ré-humidifié juste avant l'application.

Ce qu'un devis d'enduit à la chaux doit nommer : la désignation normalisée du liant (CL 90, NHL 2, NHL 3,5…), le dosage en volumes de chaque couche, la granulométrie du sable de chaque couche, le nombre de couches, le délai annoncé entre elles, et le mode d'humidification du support.

Source : https://www.capeb.fr/www/capeb/media/guide2012-capeb-bd-bat.pdf

Les échantillons de convenance : la seule preuve qui vaille

Un mortier composé sur chantier n'a pas de nuancier. Sa teinte vient du sable, sa texture vient du dosage, et les deux varient d'une carrière à l'autre. C'est pourquoi la pratique professionnelle recommande de réaliser au moins trois échantillons d'un mètre carré in situ, sur le mur concerné : on y joue sur les différents dosages en sable et en chaux, on valide l'aspect et la couleur avec le client, et on teste l'adhérence en sonnant l'enduit à la main.

Les fiches de conseil de l'unité départementale de l'architecture et du patrimoine convergent : faites réaliser des échantillons d'enduits pour valider la finition et la couleur. Elles rappellent aussi que, selon la provenance du sable — rivières ou carrières — sa granulométrie et sa teinte varient, ce qui explique qu'un même dosage ne donne pas le même mur à vingt kilomètres de distance.

Un dernier point, économe et rarement écrit : en cas de réparation, et uniquement si l'enduit existant est à la chaux, les gravats de l'enduit piqué doivent être conservés pour resservir de granulat au nouvel enduit. Le mortier obtenu sera moins dosé, en raison des fines de l'ancienne chaux qu'il contient déjà. Cette réutilisation limite les déchets et donne, accessoirement, la continuité de teinte la plus fine entre l'ancien et le neuf.

La chaux est le liant le plus exigeant en calendrier

La chaux tolère une plage d'exécution plus étroite que les autres liants : sa borne basse de température est plus haute que celle d'un mortier à liant hydraulique, et la borne haute vaut pour les deux. Sur bâti ancien, le guide professionnel resserre encore la fenêtre — temps couvert non venté —, en particulier pour les teintes soutenues.

Dans les Bouches-du-Rhône, c'est la borne haute et le vent qui mordent, pas le gel. Une chaux aérienne durcit par carbonatation, donc par un échange lent avec l'air — un parement qui perd son eau en quelques heures sous un vent sec ne carbonate pas mieux, il carbonate moins bien en profondeur, et le retrait de surface prend les devants. Les recommandations de mise en œuvre par temps chaud et venté sont connues et applicables : arroser le support une demi-heure avant, attendre que la pellicule d'eau ait disparu avant d'enduire, commencer tôt le matin par les façades à l'ombre et tourner avec le soleil, protéger l'ouvrage par un filet, ré-humidifier l'enduit dans les jours qui suivent, et n'employer qu'une eau de gâchage propre et non chauffée par le soleil.

La sanction d'un séchage forcé porte un nom professionnel — le grillage de l'enduit — et se traduit par de la friabilité, des décollements, des microfissures et des efflorescences en surface. Sur un enduit à la chaux, ces désordres ne se rattrapent pas au badigeon.

Conduite de chantier par temps chaud et venté, recommandations d'un fabricant de mortiers : humidifier le support 30 min avant projection et attendre la disparition de la pellicule d'eau ; commencer par les façades à l'ombre et tourner avec le soleil ; poser un filet sur l'échafaudage ; ré-humidifier l'enduit les jours suivants ; eau de gâchage propre et non chauffée.

Source : https://www.parexlanko.com/info/bon-conseils/details/668eabfa2ab7e19d3eb51997

Badigeon, eau-forte, patine : la couleur vient après le mortier

Sur un enduit à la chaux, la couleur définitive n'est pas nécessairement dans le mortier. Les laits de chaux sont des mélanges d'eau, de chaux et de pigments, et selon le dosage de ceux-ci la transparence et l'effet colorant varient, du plus couvrant au plus transparent : le chaulage, le badigeon, l'eau-forte et la patine. La règle de choix est simple : un badigeon pour un effet masquant et des couleurs peu saturées, une eau-forte pour un aspect aquarellé et des couleurs vives.

Ces produits ont un domaine d'emploi strict : ils s'appliquent sur tous les supports bruts, poreux, non hydrofugés et ne présentant pas de taches d'humidité permanentes. Une façade déjà traitée par un produit filmogène ou hydrofugée n'est plus un support de badigeon. Et si le support existant est en ciment, la préconisation change de famille : c'est une peinture à liant minéral, plus compatible avec ce matériau, qu'il faut prévoir.

Deux interdits, enfin, qui valent pour toute la façade : on ne peint ni n'enduit les encadrements en pierre de taille ; et on évite le mitage, c'est-à-dire ces moellons isolés qu'on laisse émerger çà et là d'un parement enduit. Quand une chaîne d'angle reste visible, la bonne pratique consiste à laisser l'enduit s'amincir jusqu'à la pierre plutôt qu'à l'arrêter en surépaisseur.

« Selon le dosage de ceux-ci, la transparence et l'effet colorant varient du plus couvrant au plus transparent : le chaulage, le badigeon, l'eau forte et la patine. » — Fiche-conseil « Les finitions d'enduit », unité départementale de l'architecture et du patrimoine des Bouches-du-Rhône et CAUE 13.

Source : https://www.culture.gouv.fr/Media/Regions/Drac-Paca/Files/Aides-demarches/Demarches-et-conseils-architecture-patrimoine/Fiches-conseil/udap-des-bouches-du-rhone/les-finitions-d-enduit

Questions fréquentes

Chaux aérienne ou chaux hydraulique naturelle, pour une maison ancienne en pierre ?

Les deux figurent en « conseillé » pour une pierre maçonnée à la chaux. La chaux aérienne est la plus souple et la plus perspirante mais la plus lente ; les NHL 2 et 3,5 font prise à l'eau, ce qui sécurise le calendrier sur une façade exposée. En soubassement, en revanche, la chaux aérienne employée seule figure dans la colonne « à éviter ».

Que signifie le chiffre après NHL ?

Il désigne la classe de résistance en compression du liant, pas son épaisseur ni sa qualité. NHL 2 est la moins hydraulique et la plus souple, NHL 5 la plus résistante et la plus rigide. Sur un mortier de hourdage friable, on descend vers NHL 2 ou 3,5.

Peut-on appliquer un enduit à la chaux sur un ancien enduit au ciment ?

Pas directement. Un ancien enduit au ciment étanche et rigide ne fait pas un bon support pour un mortier souple et perspirant, et la question préalable est celle de son adhérence : un enduit qui sonne creux se dépose. Si le support ciment est conservé, la préconisation bascule vers une peinture à liant minéral, plus compatible avec ce matériau.

Combien de temps faut-il entre les couches ?

Le corps d'enduit ne se pose pas moins de 48 h après le gobetis, et ce délai passe à sept jours ou plus par temps frais et humide sur un enduit à la chaux. La finition vient quatre à sept jours après le corps d'enduit. Une couche est considérée sèche lorsque son aspect de surface est visuellement uniforme.

La teinte finale sera-t-elle exactement celle de l'échantillon ?

Elle en sera très proche si l'échantillon a été réalisé avec le sable et le dosage réellement employés, sur le mur concerné. C'est précisément pourquoi la pratique recommande trois échantillons d'un mètre carré in situ plutôt qu'un choix sur catalogue : la teinte d'un mortier composé sur chantier vient d'abord de son sable.

Votre devis d'enduit de façade

Décrivez votre façade — support, surface, finition souhaitée. Un applicateur du secteur vous rappelle, dans tout le département comme dans les communes voisines. Devis gratuit et sans engagement.

Une façade à enduire ?

Faites chiffrer votre enduit par un applicateur de votre secteur

Obtenir mon devis gratuit