Enduiseur 13Enduits de façade · 13 et alentoursDevis gratuit

Matière, support, finition

L'enduit de façade dans les Bouches-du-Rhône

Un enduit de façade n'est pas un produit, c'est une décision en trois temps : le mur que vous avez, le liant qui lui convient, la finition que vous verrez. Décrivez votre façade — support, surface, finition souhaitée : un applicateur du secteur vous rappelle, et vous aurez d'ici là de quoi arbitrer.

Ce qu'un enduit fait, et ce qu'il ne fait pas

Le rôle d'un enduit de mortier est écrit noir sur blanc dans le guide professionnel de la CAPEB : il protège le support contre les agressions physiques et climatiques, il assure l'imperméabilité du bâti, il contribue à l'étanchéité à l'air de la construction, et la fonction esthétique vient de la couleur et de l'aspect du mortier de la couche de finition. Le même document ajoute une phrase que peu de pages commerciales reprennent : l'enduit n'a pas de rôle structurel.

Cette phrase règle beaucoup de malentendus. Un enduit neuf ne referme pas une maçonnerie qui bouge, ne remplace pas un chaînage, ne compense pas un mur qui se gonfle ou qui flambe. Le guide impose d'ailleurs, dans le bâti ancien, une seule règle d'acceptation du support : il doit être stable. Les fissures, les flambements et les gonflements qui pourraient causer des problèmes de structure doivent être recherchés et résolus avant, au besoin avec un bureau d'études.

Second malentendu utile à lever : dans l'ancien, il n'existe pas de tolérance de planéité. Le guide va jusqu'à écrire qu'il est préférable de conserver les imperfections de planéité existantes en veillant à ne pas les accentuer. Une façade de village qui ondule légèrement n'est pas un défaut à corriger à l'enduit ; la corriger, c'est surcharger une couche, et surcharger une couche a un nom de désordre.

Enfin, une règle de méthode : tout travail d'enduit commencé vaut acceptation du support. Le professionnel qui reconnaît le mur avec vous, avant de monter, ne fait pas une formalité — il fixe le partage des responsabilités.

« L'enduit a pour vocation, dès l'origine, à protéger le support contre les agressions physiques et climatiques et à assurer l'imperméabilité du bâti. La fonction esthétique est obtenue par la couleur et l'aspect du mortier de la couche de finition. Il n'a pas de rôle structurel. » — Guide travaux d'enduits de mortiers de façade, CAPEB / UNA Maçonnerie-Carrelage, janvier 2013.

Source : https://www.capeb.fr/www/capeb/media/guide2012-capeb-bd-bat.pdf

Trois décisions, dans cet ordre : le support, le liant, la finition

Le support d'abord. Sur une construction récente, les professionnels classent les maçonneries par leur résistance à la traction, mesurée en mégapascals : Rt 1 pour les blocs de béton cellulaire, Rt 2 pour les blocs de granulats légers, Rt 3 pour les blocs de béton de granulats courants et les briques de terre cuite. Ce classement n'est pas décoratif : il commande le choix et le dosage de l'enduit. Sur du bâti ancien, le raisonnement change de nature — on ne mesure plus, on identifie : pierre maçonnée à la terre, pierre maçonnée à la chaux, pierre hourdée au plâtre, pierre maçonnée au ciment naturel du dix-neuvième siècle, brique pleine, terre crue, béton d'avant 1948, parpaing de mâchefer.

Le liant ensuite. La norme des chaux de construction distingue deux familles : les chaux aériennes, calciques (CL) ou dolomitiques (DL), qui durcissent lentement au contact du dioxyde de carbone de l'air ; et les chaux à propriétés hydrauliques, naturelles (NHL 2, NHL 3,5, NHL 5), hydrauliques (HL) ou formulées (FL), qui font prise à l'eau. À côté, les ciments courants, les ciments à maçonner et le ciment prompt naturel. Le liant se choisit sur le support, jamais l'inverse.

La finition enfin. C'est la seule couche que vous verrez, et c'est la plus mince. Le guide professionnel énumère six aspects : brut ou projeté, lissé, gratté, taloché, écrasé, vieilli à l'éponge. Le grain retenu change l'entretien de la façade pour vingt ans.

Ces trois décisions sont enchaînées. Un support faible interdit un enduit trop rigide ; un liant souple interdit certaines finitions serrées ; une finition très texturée impose une granulométrie de sable qui, elle-même, impose une épaisseur.

Les trois questions à poser avant tout chiffrage : (1) de quoi est fait mon mur, et est-il stable ? (2) quel liant les tableaux professionnels rangent-ils en « conseillé » pour ce support, et lequel rangent-ils en « à éviter » ? (3) quelle finition, et donc quel grain de sable et quelle épaisseur ?

Source : https://www.capeb.fr/www/capeb/media/guide2012-capeb-bd-bat.pdf

Ce que le climat du département change réellement

Le mistral n'est pas une couleur locale, c'est une contrainte de calendrier. Météo-France le décrit comme un vent régional turbulent et généralement sec, de 50 km/h en moyenne, avec des rafales de 80 à 100 km/h et parfois davantage ; ses épisodes peuvent durer plusieurs jours voire plus d'une semaine, et il est souvent plus fort en hiver et au printemps. Il est le plus fort sur l'axe qui va d'Orange et Avignon vers Istres et Arles, et Istres compte une dizaine de jours par an où le vent dépasse 100 km/h.

Mettez cette description en face des recommandations du guide professionnel et la conclusion s'écrit toute seule. Sur supports anciens, il est recommandé de travailler par temps couvert non venté, les périodes idéales étant le printemps et le début de l'automne. Or le printemps est précisément l'une des deux saisons où le mistral est le plus fort. Dans ce département, la fenêtre de pose n'est pas une saison, c'est une suite de créneaux à l'intérieur d'une saison.

Le tableau des désordres du même guide nomme les deux conséquences d'un séchage forcé. Le farinage — formation pulvérulente et non adhérente en surface — a pour cause l'évaporation trop rapide de l'eau avant la prise, et pour préconisation de ne pas travailler en plein soleil et par temps venteux. Le faïençage — microfissures en mailles régulières fermées — a pour causes un retrait superficiel trop important ou trop rapide, un surdosage en liant et un séchage trop rapide.

Autrement dit : ici, un enduit ne rate pas parce qu'il gèle, il rate parce qu'il sèche trop vite. C'est l'inverse du réflexe hérité des régions humides, et cela change la conduite du chantier bien plus que le choix de la marque du produit.

Conditions d'exécution des enduits sur bâti ancien, guide professionnel : travailler par temps couvert non venté, les périodes les plus favorables étant le printemps et le début de l'automne, en particulier pour les teintes soutenues. Le farinage a pour cause l'évaporation trop rapide de l'eau avant la prise, et pour préconisation de ne pas travailler en plein soleil ni par temps venteux.

Source : https://www.capeb.fr/www/capeb/media/guide2012-capeb-bd-bat.pdf

Le bâti du département, et ce qu'il impose au mortier

Trois grands cas de figure se partagent les murs des Bouches-du-Rhône, et chacun appelle une matière différente.

  • Le moellon calcaire hourdé à la chaux — centres anciens, mas, maisons de village, immeubles de faubourg. C'est le domaine des chaux faiblement hydrauliques et des trois couches. L'unité départementale de l'architecture et du patrimoine y recommande un mortier qui accompagne les déformations de la maçonnerie au lieu de s'y opposer, et qui reste ouvert à la vapeur d'eau tout en arrêtant la pluie — ce qu'un revêtement étanche et rigide ne fait pas.
  • Le bloc béton et le béton banché — pavillonnaire et collectif des années 1960 à 1980, très présent autour de l'étang de Berre et dans les extensions littorales. C'est le domaine du mortier industriel monocouche et de ses classes de compatibilité.
  • La brique de terre cuite — remplissages, surélévations, constructions récentes. Support classé Rt 3 mais qui, en brique creuse, réclame plutôt un mortier peu sollicitant.

Un point local mérite d'être connu avant de signer quoi que ce soit : la pierre de taille appareillée ne se recouvre pas, ni de mortier ni de peinture, encadrements et chaînes d'angle compris. Les fiches de conseil départementales mettent également en garde contre la mode du décroûtage : mettre à nu des moellons qui ont toujours été enduits donne une image faussement rustique du bâti ancien et peut fragiliser des murs dont la structure est conçue pour recevoir une couche de protection.

« Attention la mode “pierres apparentes” peut menacer la structure du bâti ! [...] Seule la pierre de taille appareillée est destinée à être exposée en façade telle quelle. » — Fiche-conseil « Les façades en pierre de taille », unité départementale de l'architecture et du patrimoine des Bouches-du-Rhône et CAUE 13.

Source : https://www.culture.gouv.fr/Media/Regions/Drac-Paca/Files/Aides-demarches/Demarches-et-conseils-architecture-patrimoine/Fiches-conseil/udap-des-bouches-du-rhone/les-facades-en-pierre-de-taille

La couleur ne se décide pas à la fin

Traditionnellement, la teinte d'un enduit n'était pas choisie : elle tombait avec le sable. C'est le granulat extrait à proximité qui donnait sa couleur au mortier — d'où la dominante beige de la plupart des façades anciennes du département — et le badigeon de chaux qui apportait ensuite, seulement si on le voulait, les couleurs franches.

Aujourd'hui, deux garde-fous existent, et ils ne sont pas de même nature. Le premier est réglementaire : la couleur d'une façade relève du document d'urbanisme applicable à votre commune, et c'est en mairie qu'on vérifie ce qui est admis. Le second est un outil de conseil : le CAUE des Bouches-du-Rhône réalise, pour les communes qui le demandent, une palette de couleurs — un carnet de teintes couvrant aussi bien les enduits que les menuiseries et les ferronneries, établi avec la commune, et destiné à être annexé au document d'urbanisme. Une palette n'est donc pas une liste de teintes obligatoires ; c'est une référence, dont la portée dépend de cette annexion.

La méthode de vérification, elle, est purement pratique et vaut partout : on ne valide pas une teinte sur un nuancier papier, on la valide sur le mur. Le guide professionnel conseille trois échantillons d'un mètre carré posés sur la façade concernée, qu'on peut sonner à la main pour juger l'accroche autant que regarder pour juger la couleur. Les fiches départementales le résument en une ligne : valider la finition et la couleur sur échantillon, avant l'exécution.

Avant de commander une teinte : vérifier en mairie le document d'urbanisme applicable ; demander si une palette de couleurs communale existe et si elle est annexée au document ; faire poser trois échantillons d'un mètre carré sur le mur concerné ; les regarder à deux moments de la journée, une façade éclairée et une façade à l'ombre ne rendent pas la même teinte.

Source : https://www.caue13.fr/palettes-de-couleurs

Questions fréquentes

Enduit, crépi, réfection de façade : trois mots pour la même chose ?

Non. L'enduit est le mortier lui-même et la façon dont il est composé et posé. Le crépi désigne dans l'usage courant un aspect de surface, pas un matériau. Quant à la remise en état d'une façade, c'est une opération qui peut comprendre un enduit, mais qui relève d'un autre sujet que celui traité ici. Ce site parle de la matière et de sa mise en œuvre.

Faut-il enlever l'ancien enduit avant d'en poser un neuf ?

Cela dépend de son adhérence et de sa nature. Un enduit qui sonne creux au maillet ou qui tombe par plaques n'est plus un support. À l'inverse, un ancien enduit à la chaux sain peut être conservé, et le guide professionnel recommande même, en cas de réparation d'un enduit à la chaux, de conserver les gravats piqués pour les réutiliser comme granulat du nouveau mortier, qui sera alors moins dosé en liant.

Quelle saison convient le mieux pour faire enduire une façade ici ?

Le printemps et le début de l'automne, à condition d'éviter les épisodes de vent. La contrainte locale n'est pas le froid mais la dessiccation : plein soleil et temps venteux sont les deux causes citées du farinage, et un séchage trop rapide est l'une des causes citées du faïençage.

Le mortier prêt à l'emploi convient-il à une maison de village ancienne ?

Les fiches de conseil départementales sont réservées sur ce point : elles indiquent qu'une démarche durable consiste à ne pas remplacer les enduits anciens à la chaux par des enduits prêts à l'emploi, jugés inadaptés au bâti ancien. Sur une construction récente en blocs béton ou en briques, la question ne se pose pas dans les mêmes termes.

Votre devis d'enduit de façade

Décrivez votre façade — support, surface, finition souhaitée. Un applicateur du secteur vous rappelle, dans tout le département comme dans les communes voisines. Devis gratuit et sans engagement.

Une façade à enduire ?

Faites chiffrer votre enduit par un applicateur de votre secteur

Obtenir mon devis gratuit

Ce que ce site fait, et ce qu'il ne fait pas

Nous mettons en relation avec des applicateurs d'enduit du secteur : nous ne réalisons pas les travaux et nous n'établissons pas les devis. Le formulaire transmet votre demande, il n'engage rien — ni signature, ni exclusivité.

Les repères techniques publiés ici s'appuient sur les documents professionnels et sur les carnets de couleurs des collectivités : ils vous aident à arbitrer, mais c'est l'applicateur qui engage sa responsabilité sur le choix retenu pour votre mur. Les règles d'aspect opposables, elles, se vérifient auprès du service d'urbanisme de votre commune.

Vous ne trouverez sur ce site ni chiffrage, ni durée de chantier annoncée, ni avis d'utilisateurs.