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Repère

Les neuf territoires des Bouches-du-Rhône, et ce que chacun écrit sur l'enduit

Dans les Bouches-du-Rhône, ce qui est écrit sur l'aspect et la teinte d'un enduit varie énormément d'une commune à l'autre — non pas en sévérité, mais en précision. Sur certains territoires, un texte décrit la matière et la couleur ; sur d'autres, la seule référence chromatique est un carnet communal ; sur d'autres encore, rien n'est écrit sur la teinte. Voici la carte, classée par ce que vous allez réellement trouver.

Quatre intercommunalités, neuf périmètres

Les 119 communes du département se répartissent entre quatre intercommunalités. La Métropole d'Aix-Marseille-Provence en regroupe la très grande majorité, et sa planification s'organise en six périmètres hérités : Marseille Provence, le Pays d'Aix, le Pays Salonais, le Pays d'Aubagne et de l'Étoile, Istres-Ouest Provence et le Pays de Martigues. S'y ajoutent trois intercommunalités distinctes : la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, la communauté de communes Vallée des Baux-Alpilles et la communauté d'agglomération Terre de Provence.

Une précision s'impose sur le mot « territoire ». Au sein de la Métropole, ces six ensembles ne sont plus des collectivités : ils subsistent comme périmètres de planification et d'organisation des services. Ils restent donc pertinents pour une question d'urbanisme et d'aspect extérieur — c'est à cette échelle que les documents ont été élaborés — mais ils ne décident de rien par eux-mêmes.

Pour un projet de façade, la règle applicable dépend d'abord de la commune : le périmètre indique seulement dans quel document elle se trouve. Deux communes voisines relevant de deux périmètres peuvent donc être soumises à deux rédactions différentes.

Un mot sur ce que nous ne traitons pas ici. Un document intercommunal prescrit mais non approuvé ne s'applique pas : c'est le document communal qui commande, sans exception. Le point est de régime, pas de matière, et il ne change rien à ce qu'on peut écrire sur un enduit — nous ne le développons donc pas.

Les trois sections suivantes classent les neuf périmètres selon ce que le lecteur va réellement trouver écrit sur l'aspect et la teinte d'un enduit.

Là où le texte décrit lui-même l'aspect de l'enduit

Sur trois ensembles seulement, un texte va au-delà du principe d'insertion et dit quelque chose d'utilisable sur la matière ou sur la couleur. Ce sont les seuls où la lecture d'un règlement modifie réellement un devis.

  • Marseille Provence — le texte indexe la couleur sur un objet physique : les revêtements posés en accompagnement d'une façade en pierre doivent être aussi proches que possible de la couleur de la pierre existante. Il règle aussi le cas des immeubles isolés et d'angle, qui reçoivent la même couleur sur toutes leurs façades, et il écarte la mise à nu des moellons comme les parements en surépaisseur.
  • Le centre ancien d'Arles — le document le plus précis du département sur la matière : c'est le seul qui désigne un liant différent par couche, du gobetis à la finition.
  • Le Pays d'Aix — la rédaction la plus récente du département, et le seul périmètre où un texte récent coexiste avec un réseau dense de carnets de couleurs communaux.

Une précaution vaut pour les trois : ces prescriptions ne s'appliquent généralement pas à tout le périmètre, mais aux zones patrimoniales ou aux centres anciens que le zonage délimite. La lecture du zonage précède donc celle du texte, faute de quoi on applique à un pavillon des règles écrites pour un immeuble de centre ville.

« Les couleurs des revêtements (tels que les enduits) en accompagnement des façades en pierre sont aussi proches que possible de la couleur de la pierre existante. » — règlement d'urbanisme en vigueur sur le territoire Marseille Provence, prescriptions d'aspect extérieur en secteur patrimonial.

Source : https://plui.ampmetropole.fr/assets/documents/PLUi_CT1_L_Reglement.pdf

Là où la seule référence de couleur est un carnet communal

Sur une grande partie du département, le document d'urbanisme ne dit rien de précis sur la teinte, et la seule référence écrite disponible est un carnet de couleurs élaboré par la commune avec le conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement. Au 12 août 2026, cinquante-quatre communes du département en ont un ; ils sont inégalement répartis.

  • Le Pays d'Aix — vingt-deux communes.
  • Le Pays Salonais — quatorze communes sur dix-sept.
  • Marseille Provence — six communes, mais pas Marseille.
  • Istres-Ouest Provence — quatre communes sur six ; la Vallée des Baux-Alpilles — quatre sur dix.
  • Le Pays d'Aubagne et de l'Étoile — trois communes ; le Pays de Martigues — une.

Le statut de ces carnets est souvent mal compris, et il vaut la peine d'être énoncé une fois : ils ont vocation à être annexés au document d'urbanisme, et ils ne sont opposables que si la commune l'a fait. Ce qu'ils contiennent, ce qu'ils valent et comment les consulter font l'objet d'une page entière.

Catalogue de publications du CAUE des Bouches-du-Rhône, relevé du 12 août 2026 : cinquante-quatre communes disposent d'une page de palette de couleurs, chacune datée de sa publication. La page de présentation « Des palettes de couleurs pour les communes », qui annonce vingt-cinq communes sans indiquer de date, n'a pas suivi le catalogue : elle en laisse vingt-neuf de côté.

Source : https://www.caue13.fr/publications?search_api_fulltext=Palette+de+couleurs&sort_by=field_date_ressource&sort_order=DESC

Là où il n'existe aucune référence écrite de teinte

Deux périmètres n'ont aucune commune dotée d'un carnet, et leurs documents d'urbanisme n'entrent pas dans le détail de la teinte.

  • La Terre de Provence — aucune des treize communes.
  • Arles-Crau-Camargue-Montagnette — aucune des six communes ; la seule prescription écrite du territoire vise le centre ancien d'Arles, et elle porte sur la matière plutôt que sur un nuancier.

Ailleurs, un carnet existe sur une partie seulement des communes : sur les sept autres périmètres, la commune voisine de la vôtre peut en avoir un sans que vous en ayez un. Là où il n'y en a pas, la couleur se décide sur deux bases seulement, et il vaut mieux l'assumer que de chercher un document qui n'existe pas. La première est le document d'urbanisme de la commune, qui reste le seul opposable. La seconde est la logique traditionnelle de la matière : la teinte venait du sable et des agrégats du lieu, et la pierre encore visible sur le bâtiment en donne la meilleure référence. Ces deux points sont développés sur nos pages consacrées aux carnets de couleurs et aux pierres à bâtir locales.

Sur ces deux périmètres, aucune commune ne dispose d'un carnet de couleurs publié par le CAUE des Bouches-du-Rhône, au relevé du 12 août 2026. Le seul document opposable en matière d'aspect extérieur est celui de la commune, consultable au service urbanisme et sur le portail national de l'urbanisme.

Source : https://www.caue13.fr/publications?search_api_fulltext=Palette+de+couleurs&sort_by=field_date_ressource&sort_order=DESC

Ce que la géographie change d'un territoire à l'autre

Le document n'est que la moitié de la réponse. L'autre moitié est l'exposition du mur, et elle varie autant que la règle.

  • Le littoral ouvert — Marseille Provence, avec la plus longue façade maritime du département, et les communes littorales du Pays de Martigues et d'Istres-Ouest Provence. L'air salin y est la contrainte dominante ; les seuils qui délimitent une exposition marine et le mécanisme par lequel le sel détruit un revêtement sont traités sur notre page consacrée à l'enduit en bord de mer.
  • La lagune saumâtre — les trois communes du Pays de Martigues sont riveraines d'un plan d'eau salé fermé autant que de la mer.
  • Le couloir de vent — Istres-Ouest Provence, la Terre de Provence et une partie du Pays d'Arles se trouvent dans le secteur où Météo-France décrit le mistral comme le plus fort. Ce que le vent sec fait à un mortier, et la fenêtre d'application qui en découle, sont traités sur notre page consacrée à la météo et au NF DTU 26.1.
  • Le continental — la haute vallée du Pays d'Aix connaît des amplitudes et des gelées que le littoral ignore ; c'est là que la borne basse de température de la norme de mise en œuvre devient une contrainte de calendrier.
  • La vallée abritée — le Pays d'Aubagne et de l'Étoile, où l'argument du vent ne tient pas, et où la matière locale est un liant plutôt qu'une pierre.
  • Le calcaire blanc — la Vallée des Baux-Alpilles, où se trouvent deux des trois sites d'extraction de pierre de taille encore recensés dans le département, et où la teinte de référence se lit sur l'affleurement.

Cette grille explique qu'une même solution ne se transpose pas d'un bout à l'autre du département : le liant, la finition et l'ordre des façades dans un chantier se décident sur l'exposition, pas seulement sur le style du bâtiment.

Où trouver la référence de couleur de votre commune

Un dernier point de méthode, valable partout : la référence de couleur ne se cherche pas au même endroit que la règle d'aspect, et les deux réponses ne viennent pas du même service.

La règle d'aspect se lit dans le document d'urbanisme applicable à la parcelle, au chapitre de la zone. C'est le seul texte opposable, et c'est auprès du service urbanisme de la commune qu'on en confirme la version en vigueur.

La référence de couleur, quand elle existe, est portée par un carnet élaboré avec le conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement du département. Ce qu'il contient, ce qu'il vaut, quelles communes en ont un et comment le consulter font l'objet d'une page entière, à laquelle chacune des neuf pages de territoire renvoie.

Et là où ni l'un ni l'autre ne dit rien de précis, il reste la meilleure référence disponible, et elle est gratuite : la pierre encore visible sur le bâtiment, et les enduits anciens qui subsistent dans la rue. C'est l'objet de notre page sur les pierres à bâtir locales.

Ordre de vérification, identique dans les neuf territoires : (1) identifier le document d'urbanisme applicable à la parcelle et la zone dont elle relève ; (2) lire ce que le règlement de cette zone dit de l'aspect extérieur ; (3) demander à la commune s'il existe un carnet de couleurs et s'il a été annexé au document ; (4) relever la pierre visible sur le bâtiment et les enduits anciens du voisinage ; (5) faire poser des échantillons sur le mur avant d'arrêter la teinte.

Source : https://www.caue13.fr/palettes-de-couleurs

Questions fréquentes

Où se lit la règle de couleur d'un enduit dans les Bouches-du-Rhône ?

À trois endroits possibles, selon la commune. Dans le règlement d'urbanisme lui-même, sur les trois seuls ensembles où il décrit l'aspect ou la matière — Marseille Provence, le centre ancien d'Arles et le Pays d'Aix. Dans un carnet de couleurs communal, là où il en existe un. Et nulle part ailleurs : sur deux périmètres, aucune commune ne dispose de carnet publié.

Quel est le seul document réellement opposable ?

Le document d'urbanisme applicable à la parcelle, au chapitre de la zone dont elle relève. Un carnet de couleurs élaboré avec le CAUE ne l'est que si la commune l'a annexé à ce document — le CAUE précise lui-même qu'il a vocation à l'être. La question se pose en une phrase au service urbanisme.

Aucune référence de teinte n'existe pour ma commune : sur quoi décider ?

Sur la matière du lieu, qui reste la référence la plus solide et la plus difficile à contester. La teinte des enduits anciens venait du sable et des agrégats locaux ; la pierre encore visible sur le bâtiment — soubassement, chaîne d'angle, encadrement — en donne la couleur. Les enduits anciens qui subsistent dans la rue sont les meilleurs échantillons disponibles.

Deux communes voisines peuvent-elles prescrire des choses différentes ?

Oui, et c'est fréquent. Sur les périmètres sans document commun, les règlements communaux ont été écrits à des époques différentes et par des rédacteurs différents. « Ce qui se fait dans la commune d'à côté » n'a donc aucune valeur d'argument, ni pour un dossier, ni pour un devis.

Un périmètre de territoire décide-t-il de quelque chose ?

Non par lui-même. Au sein de la Métropole, les six périmètres hérités ne sont plus des collectivités : ils subsistent comme échelles de planification et d'organisation des services. Ils restent pertinents parce que c'est à cette échelle que les documents ont été élaborés, mais la règle qui vous est opposée est toujours celle applicable à votre parcelle.

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