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Finition

L'enduit tyrolien : une finition projetée, jamais reprise

Le tyrolien est la seule des cinq finitions qui n'est pas retravaillée après la projection. Le mortier est envoyé en gouttelettes et reste tel qu'il est tombé. Ce qui se joue à la machine — pression, angle, distance — est donc définitif, et c'est ce qui rend cette finition à la fois rapide à poser et impossible à raccorder.

Une texture réglée à la machine, pas à la main

Le tyrolien tire son nom de l'outil qui le produit : la tyrolienne, une machine à manivelle munie de lames souples qui projettent le mortier liquide par gouttelettes. La projection peut aussi être obtenue par une machine pneumatique. Dans les deux cas, la matière arrive sur le mur et y reste : aucun outil ne repasse dessus.

Trois paramètres, et trois seulement, décident de la texture obtenue : la pression d'air, l'angle de projection et la distance de la buse au mur. Une projection rapprochée donne des gouttelettes larges et un relief épais ; une projection éloignée donne un grain fin et une couche mince. Un angle non perpendiculaire produit un dépôt asymétrique, visible en lumière rasante.

Comme rien n'est retravaillé, il n'y a pas de rattrapage possible. Sur une finition talochée, un pan mal serré peut être repris tant que le mortier est frais ; sur un tyrolien, une zone projetée avec un mauvais réglage ne peut être corrigée qu'en la re-projetant, ce qui ajoute de l'épaisseur et se voit.

Cette absence de reprise a une conséquence directe sur l'organisation : le tyrolien se conduit par surfaces complètes, en maintenant les mêmes réglages du début à la fin, et en évitant les interruptions au milieu d'un pan. La régularité de l'aspect est ici une conséquence de la constance du geste mécanique, pas de la qualité du produit.

Pour les finitions projetées, « la pression d'air utilisée, l'angle de projection et la distance de la buse de projection au mur déterminent la texture du grain obtenu en finition ». Référentiel des travaux d'enduits de mortier, NF DTU 26.1.

Source : https://www.batirama.com/article/10907-nf-dtu-26.1-travaux-d-enduits-de-mortier.html

Pourquoi un tyrolien ne se raccorde pas

C'est la difficulté centrale de cette finition, et elle explique la plupart des déceptions. Une projection produit une répartition aléatoire de gouttelettes ; deux projections successives, même avec le même mortier et les mêmes réglages, ne produisent pas la même répartition. Une zone reprise se distingue donc du reste, non par la couleur mais par la densité du relief.

À cela s'ajoute la question de l'épaisseur. Reprendre une zone sur un tyrolien existant revient à superposer deux couches projetées, ce qui crée une surépaisseur locale. Sous une lumière rasante, cette surépaisseur dessine un rectangle sur la façade, même quand la teinte est parfaitement retrouvée.

Il en résulte une règle de décision assez tranchée. Sur une façade en tyrolien, la question n'est presque jamais « peut-on reprendre cette zone » mais « où sont les limites naturelles du pan à traiter ». Un angle de bâtiment, un bandeau, une descente d'eau pluviale, un changement de plan : ce sont ces lignes qui bornent une intervention sans qu'elle se lise.

Cette contrainte est la même que celle du ribbé, pour une raison différente : là, c'est l'orientation des sillons qui ne se retrouve pas ; ici, c'est la densité de la projection. Sur les finitions retravaillées à la taloche, la difficulté est moindre, sans être nulle.

Avant d'accepter une reprise partielle sur un tyrolien : identifier les lignes d'architecture qui pourront borner la zone ; faire projeter un échantillon sur le mur avec les réglages retenus ; le regarder en lumière rasante, seule condition où le différentiel de densité et d'épaisseur devient visible.

Source : https://www.batirama.com/article/10907-nf-dtu-26.1-travaux-d-enduits-de-mortier.html

Un tyrolien qui a vieilli : diagnostiquer avant de décider

Beaucoup de façades du parc construit entre les années 1960 et 1980 portent un tyrolien. Après plusieurs décennies, trois états se rencontrent, et ils n'appellent pas la même réponse.

Le premier est un tyrolien encrassé mais sain : le relief est intact, le mortier est cohésif, la façade est simplement noircie. Le traitement relève alors du lavage doux, sans jet à haute pression, qui ouvrirait davantage une surface déjà très ouverte.

Le deuxième est un tyrolien farineux : le mortier a perdu sa cohésion de surface, la main revient poudreuse. Un revêtement appliqué sur un support farineux n'accroche pas — l'Agence Qualité Construction cite explicitement le support farineux ou trop lisse, la présence de poussière et l'absence de couche d'accrochage parmi les causes de décollement.

Le troisième est un tyrolien décollé : des zones sonnent creux au maillet. Là, aucune décision de finition ne peut être prise avant d'avoir déterminé l'étendue du décollement et sa cause. Recouvrir un revêtement qui sonne creux revient à ajouter du poids sur une couche qui ne tient déjà plus.

La question du recouvrement d'un tyrolien par un autre enduit mérite enfin d'être posée franchement : le relief très ouvert d'un tyrolien constitue un support irrégulier et fortement absorbant, qui demande un traitement préalable et une épaisseur supplémentaire. Ce n'est jamais une opération neutre, et le diagnostic du support conditionne tout le reste.

Causes de décollement d'un revêtement de façade : « préparation insuffisante, poussières, manque d'humidification, support trop lisse ou trop poreux », support farineux, absence de couche d'accrochage. Fiche pathologie « Désordres des enduits monocouches », Agence Qualité Construction.

Source : https://qualiteconstruction.com/ressource/fiches-pathologie-batiment/desordres-enduits-monocouches/

Reconduire un tyrolien : les vérifications préalables

Reconduire à l'identique une finition existante est souvent la solution la plus cohérente sur le plan architectural. Deux vérifications s'imposent néanmoins avant de la retenir.

La première est réglementaire, et elle ne demande qu'un déplacement. Le document d'urbanisme applicable à votre commune peut encadrer l'aspect extérieur des constructions, y compris les finitions admises. C'est la référence opposable, et elle se consulte en mairie ou sur le portail d'urbanisme de la collectivité. Les documents de conseil chromatique élaborés avec les communes du département viennent en complément, jamais en substitution.

La seconde est physique : la surface développée d'un tyrolien est très supérieure à celle d'un taloché de même dimension. Elle capte plus de dépôts, retient plus d'eau, et met plus longtemps à sécher. Sur une façade orientée au nord, abritée du soleil ou masquée par de la végétation, ce paramètre pèse lourd dans le rythme d'entretien à venir.

Une voie intermédiaire existe et se discute rarement : conserver la logique de projection en réduisant le relief, c'est-à-dire passer d'un tyrolien franc à une finition projetée puis reprise à la taloche, qui abat les pointes. La façade garde son caractère sans conserver l'intégralité de sa capacité de rétention.

Enfin, la règle valable pour toutes les finitions vaut aussi ici : rien ne remplace un échantillon réalisé sur le mur, à la machine et avec les réglages qui seront ceux du chantier.

Trois pièces à réunir avant de reconduire un tyrolien : le règlement d'aspect extérieur applicable à la commune, consultable en mairie ; un relevé de l'état du support existant, y compris un sondage au maillet ; un échantillon projeté sur le mur, jugé à distance de rue et en lumière rasante.

Source : https://www.caue13.fr/palettes-de-couleurs

Questions fréquentes

Le tyrolien se pose-t-il encore aujourd'hui ?

<p>Oui, et il reste cohérent sur le bâti qui l'a reçu à l'origine, notamment les constructions des années 1960 à 1980. La question à trancher avant de le reconduire n'est pas celle de la mode mais celle du règlement d'aspect extérieur applicable à votre commune, et celle de l'exposition de la façade, puisqu'un relief très ouvert retient davantage l'eau et les dépôts.</p>

Peut-on peindre un tyrolien ?

<p>Cela se pratique, mais le résultat dépend entièrement de l'état du support. Sur un tyrolien farineux ou qui sonne creux, aucun revêtement n'accroche durablement : la préparation insuffisante et l'absence de couche d'accrochage figurent parmi les causes de décollement recensées. Le diagnostic du support précède toujours le choix du produit.</p>

Pourquoi la reprise que j'ai fait faire se voit-elle encore ?

<p>Parce qu'une projection ne se reproduit pas à l'identique : la densité des gouttelettes et l'épaisseur déposée diffèrent d'une passe à l'autre, même avec le même produit. Le différentiel se révèle en lumière rasante. Les reprises qui se voient le moins sont celles bornées par un élément d'architecture, angle ou bandeau, plutôt que découpées en pleine surface.</p>

Un tyrolien retient-il davantage la salissure ?

<p>Sa surface développée est nettement supérieure à celle d'une finition fermée, donc oui : plus de prise pour les dépôts et un séchage plus lent après une pluie. Cela ne le disqualifie pas, mais cela oriente le choix selon l'orientation du mur et son degré d'abri. Une façade qui sèche vite encaisse un relief qu'une façade ombragée n'encaisse pas.</p>

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