Enduiseur 13Enduits de façade · 13 et alentoursDevis gratuit

Mise en œuvre

L'enduit projeté à la machine

Projeter un enduit n'est pas seulement aller plus vite. Le procédé retenu impose une granulométrie maximale, modifie les dosages, supprime parfois une couche entière et conditionne la régularité du rendu. Sur une façade exposée au vent, il change aussi le déroulement de la journée.

Trois procédés, trois contraintes différentes

Un enduit peut être appliqué manuellement ou mécaniquement, la seconde solution étant privilégiée pour les grandes surfaces. Trois procédés de projection coexistent, et ils ne sont pas interchangeables.

  • Le pot de projection. Le malaxage est fait à part, en bétonnière, puis le mélange est collecté dans un pot à projeter alimenté par un compresseur d'une capacité minimale de 300 litres par minute à 4 bars, condition d'un usage constant et sans pertes de charge. Avantage : un investissement réduit. Inconvénients : le rendement et les pertes résiduelles.
  • La machine à piston. Alimentation directe, propulsion par compression d'un piston, granulométrie admise de 10 à 12 mm au maximum, capacité de projection jusqu'à 60 mètres de tuyaux. Avantages : la pression et la portée. Inconvénients : une machine lourde à transporter et un double malaxage auquel il faut prêter attention, sous peine de bullage.
  • La machine à vis. Approvisionnement direct dans le malaxeur, projection du mélange par une vis sans fin, granulométrie limitée à 8 mm, portée d'environ 40 mètres de tuyaux. Avantages : un débit constant, une bonne maniabilité, un nettoyage rapide et des possibilités de finitions variées par réglage progressif. Inconvénient à surveiller : un risque d'abrasion des matériaux par manque de pression, d'où l'importance des manomètres de la pompe.

La conséquence la plus concrète est la première à vérifier : la granulométrie admise par la machine plafonne le gros grain du sable, donc le grain de la finition. Un rendu de finition à gros grain n'est pas compatible avec n'importe quel matériel.

Procédés de projection et limites : pot de projection (compresseur d'au moins 300 l/min à 4 bars) ; machine à piston (granulométrie 10/12 mm maximum, jusqu'à 60 m de tuyaux) ; machine à vis (granulométrie limitée à 8 mm, environ 40 m de tuyaux). — Guide travaux d'enduits de mortiers de façade, CAPEB.

Source : https://www.capeb.fr/www/capeb/media/guide2012-capeb-bd-bat.pdf

Ce que la projection change dans la composition de l'enduit

Le premier effet est structurel : le gobetis est obligatoire en application manuelle, mais il n'est pas nécessaire en application mécanique, sauf si le support est composé de matériaux hétérogènes. Autrement dit, projeter mécaniquement sur un support homogène permet de supprimer une couche — parce que la vitesse d'impact du mortier assure elle-même l'accrochage. Sur une maçonnerie mixte, en revanche, le gobetis revient, et il revient précisément là où il est le plus utile.

Le deuxième effet porte sur les dosages, qui ne sont pas les mêmes selon le mode d'application. Pour une finition en chaux hydraulique naturelle, la fourchette est de 200 à 400 en application manuelle et de 250 à 400 en application mécanique, en kilogrammes de liant par mètre cube de sable sec. Pour un corps d'enduit en mortier bâtard, elle est de 150 à 350 en manuel et de 150 à 300 en mécanique. Ces écarts ne sont pas cosmétiques : un mortier trop riche projeté est un mortier qui faïence.

Le troisième effet porte sur les épaisseurs. Sur éléments de maçonnerie, le dégrossi — gobetis et corps d'enduit réunis — représente environ 17 mm en application manuelle, avec un minimum de 12 mm en tout point, contre 12 à 15 mm en application mécanique. L'épaisseur totale d'un enduit de mortier de recette se situe entre 20 et 25 mm sur éléments de maçonnerie, et entre 15 et 20 mm sur béton banché.

Deux passes, frais sur frais, et le point le plus saillant

Sur un mortier industriel projeté, la mise en œuvre courante consiste à projeter le mortier frais en deux passes frais sur frais, avec dressage puis finition décorative, directement sur le support.

Les épaisseurs de passe suivent deux scénarios :

  • Maçonnerie soignée et homogène, finition grattée : une seule passe de 12 à 15 mm, dont il doit rester, une fois le grattage fait, 10 mm sur tout point du support.
  • Maçonnerie courante, homogène ou hétérogène : deux passes, la première d'environ 8 mm, la seconde ne dépassant pas l'épaisseur de la première, pour le même résultat garanti après grattage.

Deux planchers s'ajoutent : la première passe ne descend pas sous 7 mm, et pas sous 10 mm pour une finition projetée rustique. Entre deux passes, il faut laisser l'enduit s'affermir — l'expression de chantier est que l'enduit a « tiré ».

La formule à retenir, celle qui se vérifie sur un mur fini, est « en tout point ». Une épaisseur moyenne conforme n'a aucune valeur si le point le plus saillant du support n'est pas recouvert : c'est là, et nulle part ailleurs, que le spectre des joints ou une microfissure apparaîtront en premier.

Trois chiffres à faire écrire pour un enduit projeté : la granulométrie maximale admise par la machine ; le nombre de passes et l'épaisseur de la première ; l'épaisseur de recouvrement garantie en tout point après grattage ou après finition.

Source : https://www.capeb.fr/www/capeb/media/guide2012-capeb-bd-bat.pdf

Le vent est le premier adversaire de la projection

Une lance de projection produit un nuage. Sous un vent de 60 ou 80 km/h, une partie de ce nuage n'atteint jamais le mur, et la partie qui l'atteint arrive déjà appauvrie en eau. Les deux conséquences figurent au tableau professionnel des désordres, avec leurs préconisations : le farinage, qui interdit explicitement le plein soleil et le vent, et le nuançage, qui impose une rigueur absolue sur la quantité d'eau du gâchage et sur la température au moment d'appliquer.

Or Météo-France situe le maximum d'intensité de ce vent sur un axe qui traverse l'ouest du département, et relève à Istres une dizaine de journées annuelles où il dépasse 100 km/h. Sur cette moitié du département, un chantier de projection ne se planifie pas à la semaine : il se planifie à la fenêtre.

Le matériel de protection listé par les guides professionnels — bâche ou filet de protection contre la pluie, le vent et le soleil — prend ici son sens plein. Avec une réserve pratique que tout applicateur connaît : une bâche pleine prend le vent comme une voile, et le bâchage d'un échafaudage exposé est lui-même une question technique, pas un réflexe.

Règle de conduite qui découle du tout : on ne lance pas une façade entière si la fenêtre ne permet pas de la finir. Un raccord de reprise au milieu d'un pan de mur se voit à la lumière rasante pendant des années.

Désordre « FARINAGE » — symptôme : formation pulvérulente et non adhérente à la surface de l'enduit. Cause : évaporation trop rapide de l'eau avant la prise. Préconisation : ne pas travailler en plein soleil et par temps venteux. — Guide travaux d'enduits de mortiers de façade, CAPEB.

Source : https://www.capeb.fr/www/capeb/media/guide2012-capeb-bd-bat.pdf

Rendement n'est pas régularité

La projection donne un rendement, pas automatiquement un rendu. Trois points font la différence entre une façade projetée régulière et une façade tachée.

Le réglage. C'est l'avantage revendiqué de la machine à vis : des possibilités de finitions variées par réglage progressif. C'est aussi son risque, puisqu'un manque de pression abrase les matériaux — d'où la surveillance des manomètres. Un même produit, projeté à deux réglages différents sur deux jours, ne donne pas le même grain.

L'eau. Le dosage en eau est le premier facteur de nuançage. Sur un chantier au soleil et au vent, la tentation de rallonger le mélange est constante, et c'est exactement ce que la préconisation interdit. L'eau de gâchage doit être propre, conforme à la norme correspondante — l'eau potable du réseau convient — et il est recommandé qu'elle ne soit pas chauffée par le soleil sur le chantier.

Le séchage du corps avant la finition. La préconisation contre le nuançage est explicite : attendre le séchage complet du corps d'enduit avant la réalisation de la finition. Une couche est dite sèche lorsque son aspect de surface est visuellement uniforme — critère visuel simple, que le client peut vérifier lui-même sur le mur.

Reste enfin le traitement des points singuliers, qui n'a rien d'accessoire sur une façade projetée : cornières d'angle conformes à la norme des profilés métalliques pour enduits extérieurs, protégées par un jonc en PVC d'au moins 1 mm en finition grattée, aile noyée dans l'enduit avec un recouvrement d'au moins 25 mm sur la maçonnerie ; trames aux jonctions de matériaux de nature différente, aux abouts de planchers et aux angles d'ouverture, là où les contraintes du support sont maximales ; et protection de la tranche supérieure de l'enduit contre les infiltrations.

Questions fréquentes

Un enduit projeté est-il de moins bonne qualité qu'un enduit appliqué à la main ?

Non, ce sont deux modes d'exécution prévus par les mêmes règles. La projection mécanique dispense même du gobetis sur un support homogène, parce que l'accrochage est obtenu par la vitesse d'impact. En revanche, elle plafonne la granulométrie du sable, elle demande des dosages légèrement différents, et elle exige des conditions de vent que l'application manuelle tolère un peu mieux.

Quelle machine pour quel chantier ?

Le pot de projection convient aux petites surfaces et aux reprises, avec un rendement limité. La machine à vis, limitée à 8 mm de granulométrie et 40 m de tuyaux, offre un débit constant et des finitions réglables : c'est le matériel le plus courant en maison individuelle. La machine à piston, qui admet 10 à 12 mm et porte jusqu'à 60 m, s'impose sur les grandes surfaces et les immeubles, au prix d'un transport plus lourd.

Peut-on projeter par mistral ?

Techniquement oui, en pratique non au-delà d'un certain seuil : la perte de matière au rebond augmente, le mortier arrive appauvri en eau, et les deux désordres associés — farinage et nuançage — ont pour préconisation explicite de ne pas travailler par temps venteux. Un applicateur local qui reporte une journée pour cause de vent applique la règle, il ne se dérobe pas.

Faut-il humidifier le mur avant de projeter ?

Oui dans la plupart des cas. Sur brique creuse, la préconisation est d'arroser le support moins d'une demi-heure avant l'application ou à l'avancement ; par temps chaud, les recommandations de mise en œuvre ajoutent d'attendre que la pellicule d'eau ait disparu avant d'enduire. Sur bâti ancien, le mouillage est plus ou moins important selon la nature du support, avec une ré-humidification juste avant l'application.

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