Enduiseur 13Enduits de façade · 13 et alentoursDevis gratuit

Matière

Le mortier chaux-chanvre en enduit de façade

Le chaux-chanvre est un mortier à granulat végétal, posé en fortes épaisseurs sur des murs épais. Ce n'est ni un enduit de finition ni un produit rapide : son sujet principal, c'est le temps de séchage — et dans ce département, le calendrier.

Un granulat végétal dans un liant minéral

Le chaux-chanvre n'est pas une chaux particulière : c'est un mortier dont le granulat n'est pas du sable mais de la chènevotte, décrite comme la partie centrale fragmentée de la tige de chanvre, une sorte de bois contenu à l'intérieur de la tige. Le liant, lui, reste une chaux — le plus souvent une chaux formulée ou une chaux aérienne additionnée, choisie pour sa compatibilité avec un granulat végétal.

Cette composition change la nature de l'ouvrage. Un mortier de sable est un revêtement de quelques millimètres appliqué sur un mur. Un mortier de chanvre est une couche de plusieurs centimètres qui devient une partie du mur : elle a sa propre masse, sa propre inertie, sa propre capacité à absorber et restituer l'humidité de l'air. On ne le pose donc pas pour changer l'aspect d'une façade, mais pour modifier le comportement d'une paroi.

Trois mises en œuvre coexistent : le mortier banché, coulé entre coffrages contre le mur ; le mortier projeté à la machine, qui permet de fortes épaisseurs en une passe ; et l'application manuelle, plus lente, réservée aux petites surfaces et aux rattrapages. Le cadre de référence de ces ouvrages est constitué par les règles professionnelles d'exécution des parois verticales en béton de chanvre, publiées par la filière.

Document de référence de la filière : « Règles professionnelles d'exécution d'ouvrages en béton de chanvre — parois verticales », Construire en Chanvre, édition 2024. C'est ce document, et non une fiche produit, qui fait foi sur la mise en œuvre.

Source : https://www.construire-en-chanvre.fr/documents/pdf/documentation/PAROIS_VERTICALES-Regles_professionnelles_(2024).pdf

Dosage et épaisseur : les ordres de grandeur

Le dosage couramment donné en référence aux règles professionnelles, pour un mortier de chanvre appliqué en enduit, est de deux volumes de chènevotte pour un volume de chaux, ce qui correspond à un dosage de l'ordre de 350 kg de liant, pour une épaisseur d'application de 2 à 4 cm.

Ces valeurs doivent être lues comme des ordres de grandeur, pas comme une recette universelle : le dosage réel dépend du produit de liant retenu, de la densité de la chènevotte et de la fonction attendue de la couche. Un applicateur qui travaille couramment ce mortier donne toujours son dosage en volumes, avec le nom du liant et l'origine du granulat ; c'est un bon indice de sérieux.

Deux règles pratiques encadrent l'épaisseur. Elle ne se rattrape pas en une seule passe manuelle au-delà de quelques centimètres : le mortier flue. Et elle n'est pas indéfiniment croissante : au-delà d'un certain seuil, le cœur de la couche ne carbonate plus dans un délai raisonnable, ce qui ramène au sujet central de cette page.

Enfin, un mortier de chanvre n'est pas un parement. En extérieur, il reçoit une couche de finition à la chaux, plus fine et plus fermée, et c'est cette couche — et non le mortier de chanvre — qui assure la résistance à la pluie battante et porte la teinte. Le badigeon, s'il y en a un, vient encore après.

Le vrai sujet : le temps de séchage

Un mortier de chanvre sèche lentement. L'ordre de grandeur donné par les applicateurs est d'environ une semaine par centimètre d'épaisseur, ce qui place une couche de 4 cm sur un mois au minimum, et davantage selon la saison et la ventilation. Ce n'est pas une durée de chantier : c'est le temps pendant lequel l'ouvrage reste sensible.

Trois conséquences en découlent, et elles sont toutes locales.

  • Le calendrier prime sur tout. La fenêtre recommandée pour les enduits sur bâti ancien — temps couvert non venté, printemps et début d'automne — est encore plus contraignante ici, parce qu'un mortier de chanvre ne finit pas de sécher le jour où le chantier se termine. Engager une forte épaisseur à l'entrée de l'hiver, c'est laisser le cœur de la couche humide pendant la saison la plus froide.
  • Le vent sec ne fait pas sécher plus vite, il fait sécher de travers. Sous mistral, le parement perd son eau bien avant le cœur. La surface se ferme, le séchage du cœur ralentit, et le retrait de surface prend l'avance — exactement la mécanique décrite pour le faïençage, avec ici une masse d'eau bien supérieure à celle d'un enduit de sable.
  • La protection est un poste de chantier. Bâche ou filet contre la pluie, le vent et le soleil : dans le matériel énuméré par les guides professionnels, ce n'est pas un accessoire. Sur un chaux-chanvre, la protection doit rester en place bien après la fin de l'application.

Questions à poser avant d'engager un chaux-chanvre : quelle épaisseur exacte, quel dosage en volumes, quel liant nommé, à quelle saison le chantier est-il programmé, quelle protection est prévue et pour combien de temps, et quelle finition recouvrira le mortier.

Source : https://www.capeb.fr/www/capeb/media/guide2012-capeb-bd-bat.pdf

Sur quels murs il a du sens, et sur lesquels il n'en a pas

Il en a sur : un mur ancien épais, en moellon calcaire hourdé à la chaux ou à la terre, sain et stable, où l'on cherche à conserver la perspirance de la paroi. Le mortier de chanvre y est cohérent avec le mur, au même titre qu'un enduit à la chaux, et n'introduit pas de rupture de comportement.

Il n'en a pas sur :

  • Un mur affecté de remontées d'humidité par capillarité non traitées. La règle vaut pour tout enduit et elle est écrite : une fois traitées les éventuelles remontées d'humidité par capillarité, les dépôts blanchâtres de salpêtre peuvent être retirés au moyen de compresses d'argile et de cellulose. L'ordre des opérations n'est pas négociable — on traite la cause, ensuite on enduit.
  • Un support ciment étanche laissé en place, qui bloquerait par l'arrière tout échange de vapeur.
  • Un mur qui bouge. Comme tout enduit, un mortier de chanvre n'a pas de rôle structurel ; les fissures, flambements et gonflements se diagnostiquent et se traitent avant.
  • De la pierre de taille apparente, des encadrements, des décors moulurés : ils ne s'enduisent pas, quel que soit le mortier.

Un dernier point d'honnêteté. Le comportement thermique et hygrométrique d'une paroi épaisse est une question de physique du bâtiment, qui dépend du mur existant, de son exposition et de l'usage des pièces. Cette page traite de la matière et de sa mise en œuvre ; elle ne prétend pas arbitrer ce calcul-là, et se méfier des pages qui l'arbitrent en trois lignes est une bonne habitude.

Ce qui distingue un devis sérieux

Sur ce type d'ouvrage, la qualité d'un devis se juge à des éléments très concrets, dont aucun ne concerne un tarif.

  • Le nom du liant, avec sa désignation normalisée, et non le seul mot « chaux ».
  • L'origine et la calibration de la chènevotte : un granulat végétal poussiéreux ou mal calibré change le dosage en eau et donc le retrait.
  • Le dosage en volumes, l'épaisseur visée et le nombre de passes.
  • Le mode d'application — banché, projeté, manuel — et, en projeté, le type de machine, puisque tous les matériels n'admettent pas un granulat végétal.
  • La finition prévue : nature, épaisseur, délai après le corps de chanvre.
  • La saison retenue et la protection de l'ouvrage pendant le séchage.

Si ces six lignes sont écrites, la discussion technique est possible. Si le devis se résume à « enduit chaux-chanvre » suivi d'une surface, il n'y a rien à comparer.

Questions fréquentes

Le chaux-chanvre se pose-t-il en extérieur ou seulement en intérieur ?

Les deux existent, mais en extérieur l'ouvrage ne se laisse jamais brut : il reçoit une finition à la chaux qui assure la tenue à la pluie battante et porte la teinte. Sur une façade exposée au vent et à la pluie, c'est la qualité de cette finition, autant que celle du mortier de chanvre, qui décide de la durabilité.

Quelle épaisseur faut-il prévoir ?

En enduit, l'ordre de grandeur donné en référence aux règles professionnelles est de 2 à 4 cm. Au-delà, on quitte l'enduit pour un ouvrage de paroi, avec d'autres modes de mise en œuvre — banchage ou projection — et d'autres contraintes de séchage.

Combien de temps avant de pouvoir appliquer la finition ?

Plus longtemps qu'avec un mortier de sable. L'ordre de grandeur usuel est d'environ une semaine par centimètre d'épaisseur avant que la couche soit considérée sèche, ce qui, sur 3 ou 4 cm, dépasse largement les délais habituels entre couches d'un enduit traditionnel. Une couche est dite sèche lorsque son aspect de surface est visuellement uniforme.

Peut-on le poser en été dans les Bouches-du-Rhône ?

C'est la pire saison sur le papier : forte chaleur et vent sec provoquent une dessiccation de surface avant la prise, cause listée du farinage et du faïençage. Les périodes recommandées pour les enduits sur bâti ancien sont le printemps et le début de l'automne, par temps couvert non venté — avec, ici, la nécessité de vérifier la fenêtre de vent avant de lancer une façade.

Votre devis d'enduit de façade

Décrivez votre façade — support, surface, finition souhaitée. Un applicateur du secteur vous rappelle, dans tout le département comme dans les communes voisines. Devis gratuit et sans engagement.

Une façade à enduire ?

Faites chiffrer votre enduit par un applicateur de votre secteur

Obtenir mon devis gratuit